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Oui, je viens d’avoir un rencard. Moi, l’éternelle célibataire, je viens d’avoir un rencard. Un rencard qui ne mènera pas forcément à une relation parce qu’il faut pas pousser mémé dans les orties surtout qu’elle n’a pas de culotte. Le mec qui saura me garder sans que personne ne largue personne pendant une durée qui sera assez longue pour s’appeler « relation » n’est pas de ce monde je crois. Mais j’ai eu un rencard.

On va lui donner un nom – des fois qu’il reste et rentre dans les annales de ce blog, on sait jamais. On va l’appeler… j’ai envie de lui donner un nom pas trop méchant parce que pour l’instant, il est encore gentil avec moi. On va l’appeler Le Timide. Bref, je résume l’histoire en quelques mots : une amie commune au Timide et à moi à décidé de nous présenter. Parce qu’on avait  plus ou moins le même âge, parce qu’on était tous les deux mignons (j’aime me jeter des fleurs), et parce qu’on avait tous les deux des tatouages. On s’est ajoutés sur Facebook, on a passé deux semaines à se regarder dans le blanc du mur Facebook sans faire quoi que ce soit. Lui pour des raisons de timidité, moi pour des raisons de balance du pouvoir. Toujours pareil : celui qui propose le premier rencard fait automatiquement pencher la balance du pouvoir du côté de l’autre. Sans parler du fait que Greg nous a formellement interdit d’inviter un gars à sortir, parce que si on le fait, c’est que he’s just not that into you !

Finalement, j’ai eu ce que je voulais : Le Timide m’a proposé un rencard. Un message Facebook (ouais cheesy… mais en même temps il n’avait aucun autre moyen de me contacter…) tout mignon et tout rigolo. Après avoir attendu les 24 heures réglementaires (balance du pouvoir, toujours), j’ai finalement répondu et accepté. Mais pas trop accepté non plus : je lui ai fait part de mes disponibilités qui étaient peu nombreuses. Pour des raisons de balance du pouvoir et également de disponibilités peu  nombreuses. Entre les études, le boulot et le théâtre, les soirs où je peux tout simplement aller boire un verre se raréfient de plus en plus.

Nous sommes donc allés boire un verre et là, il m’a semblé évident que je ne lui plaisais pas. Même si on a bien rigolé, j’ai pensé qu’il m’aimait bien en tant que personne, pas tellement en tant que nana. Indice 1 : il ne me touchait pas. Indice 2 : j’ai mis une petite robe super jolie qui a fait que je me les pelais mais il n’a pas pris deux secondes pour faire un compliment sur la robe. Indice 3 : il n’a pas pris une seconde pour faire un compliment sur moi, non plus. Sauf si on compte « je n’aime pas Miss France parce qu’elles sont trop maigres ». Mais après tout, je me suis dit qu’il pouvait avoir dit ça en général.

Mais indice 4, le principal : il ne m’a pas embrassée. Il m’a juste fait la bise. Seul point de contact qu’on a eu de toute la soirée. La bise. Ouah, ça chauffe dis donc. Je lui ai donc dit « à plus », apparemment une phrase à bannir à la fin d’un premier rencard comme on bannirait Rainman d’un casino – mais je m’égare, il ne s’agit pas de cela pour le moment. Et là, je me suis dit : c’est bon. Je ne lui plais pas. C’est définitif.

D’ailleurs, le lendemain, je n’ai pas entendu parler de lui. Entre Le Timide et moi, c’était définitivement over. Ça ne me déprimait pas des masses : je ne l’avais vu qu’une seule fois dans ma vie, après tout. Un peu tôt pour décider que quelque chose est indispensable. (sauf quand le « quelque chose » en question est une paire de chaussures)

Et puis, le lendemain : bam, texto du Timide. Je suis étonnée mais je décide d’attendre. J’attends presque une demi-journée, parce que je n’allais pas répondre tout de suite. Toujours une question de balance du pouvoir. Quand le dernier texto enregistré par mon iPhone provient de lui, la balance du pouvoir penche de mon côté, c’est assez mathématique. Du coup, il faut laisser durer un maximum cet instant pendant lequel la balance du pouvoir est de notre côté. Mais pas trop non plus hein, il s’agit pas de le faire fuir non plus.

Je réponds, il répond, deux ou trois textos sont échangés. Puis j’arrête. Je coupe court à la discussion pour voir s’il insiste. Non. Le lendemain, je vois ma copine (celle qui a joué les Cupidons entre Le Timide et moi) :

-          Alors comment ça s’est passé avec Le Timide ?

-          Je crois que je ne lui plais pas…

-          C’est trop marrant ! Parce que lui disait qu’il ne t’avait pas plu non plus.

-          Ah bon ? Pourquoi ?

-          Il m’a dit que tout se passait très bien, jusqu’au moment où t’as dit « à plus ».

Hein ? On ne peut donc pas dire « à plus » à la fin d’un rencard ? Je vois tout le modèle économique du rencard s’effondrer devant moi. Moi je dis tout le temps « à plus ». Ca me paraît un bon compromis entre « adieu on se reverra pas » et « oh pitié dis-moi quand est-ce qu’on se verra ».

-          « A plus », c’est une façon de lui dire que tu ne veux pas le revoir, m’explique ma copine.

Gnaaaa ? Il y a encore des codes du premier rencard que je ne connais pas ? Encore pire, des codes du premier rencard que j’utilise sans être au courant que je les utilise ? Alors j’essaie de me défendre :

-          Ouais mais il m’a pas embrassée ! Ouais mais il m’a pas touchée ! Ouais mais il m’a pas complimentée !

Parce que tous les premiers rencards que j’ai en tête là, on a quand même passé une bonne partie de notre temps à se bécoter, à se tenir la main, et à se faire des câlins. Quand on est pas à poil dans un lit. Mon rencard avec Le Timide m’a fait plus penser à un verre avec mon meilleur pote qu’à un vrai rencard. Mais si ça se trouve, le problème, c’est moi ? Si ça se trouve, j’ai une vision du premier rencard totalement décalée ?

-          Et alors ? Le Timide est timide, m’explique ma copine. C’est pas un dragueur ni rien… Il va pas te sauter dessus en te disant à quel point t’es jolie. Mais moi, il m’a dit que t’étais magnifique.

Magnifique ? Carrément ? Ca fait longtemps que personne n’a dit un truc pareil de moi. Jolie, oui. Mignonne, parfois. Sexy, à la rigueur. Mais magnifique, jamais. F., à l’époque où on sortait ensemble, traitait Clochette de « magnifique », et moi de « jolie » ou « hot ». Très classe je sais.

L’intérêt du Timide a dû doubler en l’espace d’un mot je crois.

-          En plus, vous étiez dans le métro quand vous vous êtes quittés non ? Il m’a dit qu’il ne faisait pas ça.

Perso je ne me doutais pas qu’il y avait des endroits spécifiques pour se bécoter. Enfin si je le savais, mais je ne pensais pas que c’était un truc que les gens appliquaient ailleurs que dans les films. On m’a déjà roulé un palot devant les toilettes de ma fac et ça m’a pas dérangée. Mais apparemment, il y a des gens qui ne se bécotent pas n’importe où, et apparemment Le Timide fait partie de ces gens-là.

-          C’était quand, le dernier texto qu’il t’a envoyé ?

C’était minuit la veille. Il état 18h le lendemain et je ne lui avais pas répondu. 18h de balance du pouvoir de mon côté. Un peu trop peut-être, ni une ni deux, je réponds. Il me répond même pas une demi-heure plus tard.

Je l’intéresse vraiment donc ? Même s’il ne m’a pas roulé de pelle ? Et qu’adviendra-t-il de la balance du pouvoir ?

N’oubliez pas de voter au sondage du mois de décembre : chez vous ou chez lui, that is the question !

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