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Aujourd’hui, je vais bien.

J’ai quitté l’entreprise dans laquelle je faisais mon apprentissage l’année dernière, l’entreprise Financement (Financement n’étant bien évidemment pas son vrai nom, mais je suis pas sûre que déployer le nom de l’entreprise comme ça sur mon blog est une idée d’une intelligence débordante). J’ai trouvé un apprentissage dans une autre entreprise, l’entreprise Beauté (le vrai nom étant également caché pour des raisons de discrétion, même si je sais que certaines blogueuses qui me connaissent en vrai savent comment elle s’appelle). J’ai rêvé de travailler pour une entreprise de produits de beauté depuis toujours, mais j’ai fini par abandonner ce rêve car on n’arrêtait pas de me dire que le monde était plein de midinettes voulant travailler dans ce secteur, et que je n’avais aucune chance. Sauf que ben j’ai été sélectionnée, alors que je sais que je n’étais pas la seule à vouloir ce poste (contrairement au poste dans l’entreprise Financement, qui ne m’a prise que parce que tous les candidats convenables ne voulaient pas bosser dans une entreprise pourrie). Vous imaginez un peu ma joie.

Alors j’ai envie de tout donner. Pas forcément dans les études, parce que concrètement, la dernière année, on s’en fout.  Enfin, si on ne va pas utiliser nos notes pour faire d’autres études après, mais moi je considère avoir assez bouffé d’études (j’en suis à bac +5) et ça me suffit. Alors moi ce que je veux c’est un CDD (bon un CDI dans l’idéal, mais je crois que je rêve trop !) dans l’entreprise Beauté. Et si je n’ai pas ce CDD, parce que bon le marché de l’emploi est rude blabla, je veux au moins une bête de lettre de recommandation. Une lettre de recommandation comme ils m’en auraient jamais faite dans l’entreprise Financement parce qu’ils savaient parfaitement que j’en avais rien à péter de leur entreprise, que je voulais juste faire mes un an de salaire et me barrer en courant.

Et la meilleure façon de tout donner, c’est d’aller bien.

Et aujourd’hui, je vais bien.

Alors pourquoi tout risquer ? J’ai une réelle opportunité qui se présente à moi pour travailler dans le milieu dont je rêve. Alors pourquoi tout risquer, pour un mec qui plus est ?

L’année dernière, j’ai commis l’erreur de sortir avec mon prince charmant. Un prince charmant gentil, musclé, beau, attentionné, qui m’offrait des macarons et des glaces avant même que je ne dise que je les voulais. Un prince charmant qui avait les mêmes passe-temps que moi et qui appréciait les mêmes choses. Sauf que je ne m’étais pas rendu compte que ce prince charmant était en réalité un grand méchant loup déguisé en prince charmant. Un grand méchant loup qui était, qui plus est, encore amoureux de son ex psychopathe. On m’avait pourtant dit que les princes charmants n’existaient pas. J’aurais dû me méfier.

Le jour où j’ai perdu mon « prince charmant », tout s’est écroulé autour de moi. Je me réveillais, je me traînais dans la salle de bain, je me forçais à aller en cours et au boulot, mais j’étais comme un zombie. Je ne mangeais pas. Je considère que se faire larguer est le meilleur des régimes, devant « dépenser tout son salaire pour des chaussures dès le début du mois et ne plus avoir de quoi s’acheter à manger », car cette technique m’avait permis de perdre 4 kilos en un mois. J’arrivais dans la salle de cours, je m’asseyais dans un coin au fond pour qu’on ne me voie pas, et je pleurais. Ou je dormais. En cours, en réunion, dans le RER, chez moi, peu importe le moment, je dormais parce que quand je dormais, je ne pensais pas à mon faux prince charmant. Et quand je dormais je ne pleurais pas. Je pleurais parce qu’en plus d’avoir perdu mon prince charmant, j’avais découvert qu’une de mes meilleures amies était une psychopathe et que désormais je ne pourrais plus jamais compter sur elle. Tout ça à cause d’un mec dont elle ne voulait même pas. Tout ça à cause d’un mec que j’aurais probablement quitté si au lieu de semer la zizanie autour d’elle, elle était venue m’en parler. Même si je pensais que ce mec était mon prince charmant. Parce qu’une amie, c’est toujours plus important que n’importe quel prince charmant. Une amie non psychopathe j’entends.

Et puis il y a quelque temps j’ai commencé à ressentir des choses étranges. Des journées entières se déroulaient sans que je pense à lui. Mes fantasmes – pourtant purement physiques – sur mon collègue Phileas Fogg occupaient mes pensées davantage que F. Je ne ressentais plus ce besoin étouffant de le voir, d’être avec lui. Je me disais même que si on me disait là maintenant tout de suite que je ne le reverrais plus jamais, que je ne me remettrais jamais avec, que je n’entendrais plus jamais parler de lui, qu’il finirait avec une autre – peut-être pas avec Clochette quand même, faut pas pousser mémé dans les orties surtout qu’elle n’a pas de culotte – hé ben ça ne me dévasterait pas.

J’ai commencé à me dire que si je revoyais F., je serais capable de le regarder dans les yeux et d’affirmer : Je vais bien. Tu ne me manques pas. I’m over you.

Je ne le déteste même plus. Au final, il n’y pouvait rien s’il était encore amoureux de son ex. (enfin si, il pouvait éviter de sortir avec moi…) Au final, il n’y pouvait rien s’il avait une préférence pour les psychopathes tyranniques.

Ça m’a pris longtemps, mais j’y suis arrivée. Combien de temps exactement je ne sais pas, ça m’est venu tellement progressivement. Huit mois, même neuf plutôt. (ça coïncidait plus ou moins avec le moment où j’ai été prise dans l’entreprise Beauté…) Neuf mois après une relation de trois semaines. Et je me demande si ça valait le coup. A part m’ouvrir les yeux sur la psychopathie d’une de mes meilleures amies, ça ne m’a rien apporté. Clairement non, ça ne valait pas le coup. Si je n’avais pas été en apprentissage, ce qui rend le renvoi plutôt complexe, j’aurais probablement été renvoyée pour incapacité de me concentrer et de rendre un boulot convenable. Certes, l’entreprise était chiante, mais quand je vais bien je suis presque toujours capable de prendre sur moi et de faire mon maximum. (j’étais en Terminale S et j’ai passé une année à bosser à fond la physique alors que je détestais ça… si ça c’est pas une preuve !)

Je veux éviter ça à tout prix. Je veux mon CDD. Alors jusqu’à ce que je termine mon apprentissage dans l’entreprise Beauté, j’ai fait vœu de célibat. Pas vœu de chasteté, attention, beaucoup de gens confondent les deux pour des raisons très obscures – mais non, vœu de célibat, pas de chasteté, c’est la toute la différence entre un vœu quasi irréalisable et un vœu que de toute façon je suis plus ou moins depuis 21 ans.

Alors certes, ça sera ma 22e Saint-Valentin seule. 22e sur 22. Alors certes, ça sera mon 22e anniversaire seule. Alors certes, ça sera mon 22e Noël sans cadeau de mon mec. Alors certes, ça sera mon 22e Nouvel An sans pelle à rouler à minuit. (sauf si on compte le 1er janvier 2010, où L., mon pote gay, a décidé de vérifier qu’il était effectivement gay et de me rouler une pelle pour s’en assurer… mais bon ça manque un peu de romantisme)

Mais au moins, je serai sûre que toute l’année qui suit, j’irai bien. Parce que ma promo est sympa. Parce que mon poste promet d’être sympa. Parce que je vais bientôt reprendre le théâtre. Parce que je commence à devenir moins nulle en pole dance. Parce que mes vrais amis ne sont pas des psychopathes.

Pourquoi ajouter un mec à l’équation ?

Alors certes, je m’attends à des commentaires du style « t’es trop bête », « avoir peur d’aimer par peur de souffrir c’est comme avoir peur de vivre par peur de mourir » (c’est ça hein ? j’ai tendance à ne pas retenir les citations que je trouve débiles…). A tous ces commentaires je réponds d’avance : « De quoi je me mêle ? ». Moi je préfère éviter de souffrir parce que je m’aperçois que ça vaut pas le coup. Et que finalement, quand petit à petit on commence à oublier l’effet que ça fait d’avoir un prince charmant à ses côtés, ça ne nous manque pas tant que ça. Et que finalement, on est bien tout seul. On a plus de temps à soi. Pour écrire un blog, pour faire la fête, pour se consacrer à ses passions.

J’ai envie de savourer les petites choses de la vie, les petits plaisirs. Comme dépenser un bon de réduction de 15€ chez André pour de jolies bottines camel. Comme lécher le Nutella, le beurre de cacahuètes ou la glace Haägen-Dazs Chocolate, Pralines and Caramel sur une petite cuillère. Comme faire un concours de shots au week-end d’intégration. Comme monter sur scène et écouter les rires et les applaudissements des gens. Comme faire un montage vidéo et apprécier le résultat. Comme combler les trous que les photos arrachées de Clochette ont laissé sur mon mur à photos d’amis par des photos qui rappellent de beaux souvenirs. Comme acheter des bijoux sur la boutique en ligne de Mademoiselle Creamy. Comme voir un commentaire sur ce blog d’une fille qui me dit que je l’ai aidée à surmonter sa rupture. Comme me rendre compte qu’après avoir aidé plusieurs de ces filles, j’ai enfin réussi à m’aider moi-même.

Je vais compléter cet article, pour vous informer si je risque de sombrer ou non dans le non célibat… pour l’instant, j’ai pris cette décision fin juillet, et il n’y a aucune promesse de changement de statut à l’horizon. J’ai certes embrassé des mecs dans le courant du mois d’août, j’en ai même baisés, mais je n’envisage d’avenir avec aucun d’entre eux.

Voilà pourquoi j’ai fait un vœu de célibat.

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