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Dans un premier temps, avant d’avoir des remarques désobligeantes, je suis consciente du fait que « coucher » ne se dit pas « to couche ». Je suis partie six mois en échange aux Etats-Unis, quand même, et ça implique de connaître ce genre de vocabulaire. Seulement, « to sleep » ça pouvait porter à confusion, j’imaginais des nénettes assises dans le café où avait lieu leur premier rencard, en train de ronfler pendant que leur mâle leur racontait sa (passionnante ?) existence. Bref, ça sera « to couche » et puis c’est tout, n’en déplaise à Shakespeare, Sherlock Holmes et Harry Potter. C’est MON blog, merde.

Tout d’abord, je tiens à remercier toutes celles qui ont répondu, parce que j’ai eu droit à 154 réponses quand même, ce qui veut dire qu’on a triplé le record du sondage du mois de septembre. En même temps, pour le sondage de septembre, vous n’aviez eu que la moitié du mois pour voter, ceci explique cela, peut-être.


J’ai eu l’impression, quand même, avec vos votes et vos commentaires (cf. le sondage), que coucher au premier rencard reste un sujet tabou. Même si le choix qui a eu le plus de voix était « on est plus au Moyen-âge, ça n’a aucune importance ! » (29% des voix), beaucoup d’entre vous ont voté « je préfère éviter, mais les gens font ce qu’ils veulent » (24%) et montrent ainsi une certaine réticence à l’égard de l’idée de coucher au premier rencard. Je ne parle même pas des 7% qui ont voté « c’est bon pour les putes » !

Moi, j’ai voté, comme 9% d’entre vous, « c’est ok si le mec ne me plaît pas vraiment ». Parce que moi, j’ai dans la tête le speech que Barney de How I Met Your Mother avait fait à Wendy la serveuse en la plaquant : Now that I’ve seen everything there is to see, I kinda wanna see those same parts, just on other girls. En effet quelques plans plus tôt tu les voyais en train de baiser frénétiquement sur une des tables du McLaren’s, et tu voyais aussi Wendy totalement accro à Barney au point de lui offrir des énormes assiettes de nachos, tandis que Barney se sentait comme un fauve en cage parce qu’il ne pouvait pas draguer les nanas dans son propre bar. Et là, je me suis dit : « Wendy, ma cocotte, tu t’attendais à quoi ? ». Si elle avait fait attendre Barney, si elle l’avait obligé à lui décrocher la lune avant de se jeter dans ses bras, elle n’en serait peut-être pas là… en même temps c’est Barney, il fonctionne pas comme tout le monde…

Et j’ai eu droit à un commentaire sur mon blog qui venait d’un mâââââle (car oui les mâles lisent le blog, vous trouvez ça étonnant ben moi aussi, cela dit tant mieux, mon blog est universel, ouaaaaais), qui a comme confirmé les paroles de Barney et mon opinion sur la question :

« Ah non les filles, si le mec vous plait, du genre à vous retourner le ventre, je vous en prie, attendez. Je ne sais pas comment sont foutus nos cerveau à nous les hommes, mais ce qui est sur c’est que vous nous ferez tellement plus tilter en nous faisant attendre un peu ! »

Message codé : si vous couchez le premier soir, vous aurez droit à toute la panoplie – walk of shame du matin avant le petit-déj, risque de rencontrer l’épouse-légitime-dont-vous-n’avez-jamais-entendu-parler en sortant, et surtout, surtout, vous n’allez jamais de votre vie être rappelée. Et ne vous avisez pas de rappeler le mec (ne serait-ce que parce que Greg Behrendt a dit de pas le faire, cf. He’s just not that into you : Ma rencontre avec Dieu), parce que s’il vous reconnaît (ce qui n’est déjà pas sûr), vous avez toutes les chances de vous prendre un éclat de rire dans la tronche parce que vous avez osé coucher au premier rencard et croire que ça pouvait être du sérieux entre vous. Vous serez descendue au rang d’une fille qui se fait draguer par Barney Stinson ; en d’autres termes, vous deviendrez le maillon faible de la chaîne alimentaire.

Mais est-ce que tout ça est inévitable ?

Attention, je ne suis pas en train de dire que je n’ai jamais couché au premier rencard. Je l’ai fait. Une fois. J’avais rencontré G. (oui oui le même G. dont je parle dans Le mythe de la grosse b***) sur Meetic et je le voyais pour la première fois de ma vie, et on a immédiatement couché ensemble. Pas parce qu’il me plaisait. Il ne plairait à personne, à moins d’être à fond dans les binoclards boutonneux et boiteux (bon après c’est vrai qu’il mesurait 1,96m, et que ça compense). Mais juste parce que je venais de rompre avec K. et que j’avais besoin de faire des conneries pour faire exploser le système, quoi. Je regrette pas. Mais là, c’est plutôt lui qui a pas compris le principe du cul au premier rencard. Voyez plutôt :

-          j’ai continué à avoir des textos pendant 5 jours après et des messages Facebook

-          deux mois plus tard j’ai reçu un texto « Joyeux anniversaire X » (avec mon prénom à la place de X, c’était pas un goujat au point de venir m’appeler X quand même), et j’étais un peu surprise parce qu’on était fin août et mon anniversaire est en février. Et après « oh zut je me suis trompé de X ». Tu parles Charles, le coup du faux numéro je l’ai fait 25 fois, c’est même moi qui l’ai inventé.

-          encore deux mois plus tard il m’a parlé sur Facebook… euh mec t’as besoin de combien d’éléments alignés devant toi pour te prouver que je ne veux PAS te revoir ?

En revanche, certains mecs, je les ai faits attendre. Pas toujours de mon plein gré, d’ailleurs.

Cas numéro 1, Wolf. J’en ai déjà parlé mais je ne vous ai encore donné les détails. Bizarre, personne n’a encore essayé de deviner d’où venait le surnom de Wolf, malgré mes nombreuses invitations à le faire. Aujourd’hui, vous avez la réponse. Wolf était en fait un gars de mon association de théâtre, pour lequel j’ai eu le béguin il y a un an et demi environ, et en juin 2009, nous sommes sortis ensemble deux fois. Je l’ai appelé Wolf tout simplement parce que dans une pièce de théâtre qu’on a mise en scène, il a joué le loup. Et moi, je pourrais m’appeler Witch, dans ce cas-là. Trop cool.

Bref, Wolf m’a invitée à sortir – oui oui il a fait le premier pas, ce qui signifie que le premier chapitre du livre He’s just not that into you ne s’applique pas ici – et nous sommes sortis ensemble deux fois. Bon j’avoue, la deuxième fois c’était à mon initiative. Mais quand même. Non seulement on n’a jamais couché ensemble, mais il n’a même pas essayé. Pourtant, la veille de notre deuxième rencard, j’avais fait épiler le maillot à la cire en prévision, et autant dire que ça fait mal, que ça coûte cher et qu’on aime pas avoir fait ça pour des pruneaux d’Agen.

Et puis pouf, évanoui dans la nature ! Comme quoi il ne suffit pas de garder son clito dans sa culotte Hello Kitty pour garder le mec intéressé. (noooon j’avais pas vraiment de culotte Hello Kitty bien sûr – sinon ça pourrait expliquer pourquoi il n’a jamais voulu coucher avec moi !)

Cas numéro 2, K. Ben oui on revient encore et toujours à lui, c’est quand même lui qui a été la raison d’être de ce blog alors forcément, on en revient souvent à lui. Lui c’est comme Wolf, mais en pire. J’avais longuement cru que je l’avais dragué – mais non, en fait, j’ai récemment appris qu’en fait, son principal but à la soirée où on s’est dragués, c’était de me draguer. Moi, spécifiquement. Et ce avant même que la soirée ne commence. Ça vous en bouche un coin, à moi aussi, je voulais pas le croire au début.

Bref, il me drague, il me recontacte, il me propose un rencard auquel je ne couche pas (cela dit, c’est pas comme s’il avait essayé). Et il aussi me plaque sans même avoir couché avec moi. Dire que si on se fie à son idée de départ, j’étais quand même pas mal un objet sexuel… mouais, si une poupée de cire au musée Grévin qu’on n’a pas le droit de toucher est un objet sexuel, alors oui, j’étais un objet sexuel. De toute évidence il ne voulait pas coucher avec moi, sinon il l’aurait fait, surtout que je ne manquais pas de faire des grosses allusions très lourdes insinuations sur le fait que j’en avais envie.

N’y a-t-il donc pas de technique miracle pour attirer un mec dans ses filets ? Est-ce que ça dépendrait du mec ? Est-ce que certains mecs sont instinctivement repoussés par les filles qui ne sortent pas le clito de la culotte Hello Kitty dès le premier rencard ? Moi, je crois pas. Je crois pas que ça dépende du mec non plus, mais plutôt du degré auquel vous plaisez au mec.

-          si vous plaisez très très beaucoup au mec, il ne va pas se désintéresser de vous sous prétexte qu’il vous a vue à poil, donc en soi, ça n’a pas d’importance

-          si vous plaisez pas très beaucoup au mec, il faudrait le maintenir intéressé en repoussant le moment où vous coucherez avec au maximum, mais comme a dit Greg (oui toujours lui, c’est mon Dieu maintenant !), il faut prendre le temps que vous avez mis à le remarquer et le diviser par deux pour obtenir le temps que lui a mis à vous remarquer. En d’autres termes : si à la base, vous lui plaisez pas très beaucoup, ça finira par crapoter quelque soit le moment où vous coucherez ensemble.

Cela dit, si vous êtes du genre Lexie Grey dans Grey’s Anatomy et que votre cœur a tendance à vivre dans les méandres mystérieuses de votre vagin, ne pas coucher au premier rencard pourrait être une forme de protection qui vous empêcherait de devenir plus accro qu’il ne faut à un connard.
Si vous êtes du genre à ne pas être très sûre de vous au pieu (c’est mon cas de temps en temps), deux solutions s’offrent à vous : soit coucher au premier rencard avec un parfait inconnu dont vous avez rien à foutre s’il se fout de votre gueule ou pas, soit coucher au énième rencard avec un mec qui vous plaît vraiment et auquel vous êtes sûre de plaire, en qui vous avez réellement confiance, et dont vous savez qu’il ne se foutra pas de votre gueule. Moralité, vu comment K. a réussi à me descendre même sans avoir couché avec moi, j’ai plutôt bien fait de pas le faire, et toc.

N’oubliez pas de voter pour moi au Grand Prix des Blogueuses Elle 2010, aux Golden Blog Awards et au Concours Cosmo. Ah oui et aussi au sondage du mois de novembre.