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Il y a quelques jours Dieu est apparu dans ma boîte aux lettres sous forme d’un colis signé Amazon. Moi qui pensais que Dieu n’existait pas, j’avais tort, en fait. Il existe, mais juste pas sous la forme d’un vieux en robe perché dans les nuages. Il existe sous la forme d’un gars bien réel, et ce gars s’appelle Greg Behrendt.

Petit flash-back… Bon, vous savez que je suis fan de Sex & the City, particulièrement de Samantha et Miranda qui me ressemblent le plus, même si quand j’écris, je me prends pour Carrie. Et ça vous le voyez grâce à ma magnifique bannière réalisée par une magnifique fidèle lectrice. (En aucun cas je ne vais me prendre pour Charlotte, et j’estime qu’aucune femme qui se respecte ne devrait se prendre pour Charlotte.) Et il y a un épisode qui m’a un peu turlupinée quand même. En bref, pour celles qui n’ont pas vu la série (bouhou !), Miranda racontait aux filles et à Berger, le nouveau copain de Carrie, son rencard avec un mec qui n’a pas voulu monter chez elle parce qu’il avait une réunion tôt le lendemain matin. Quand Miranda demanda l’opinion de Berger, il émit une phrase libératrice pour elle, même si j’ai mis longtemps à comprendre pourquoi : « He’s just not that into you ».

Et Miranda était toute contente ! Et j’étais là : « C’est le monde à l’envers ou quoi ? N’a-t-elle donc aucun ego ? ». Oui parce que moi, mon petit ego de gonzesse orgueilleuse m’oblige à croire que forcément, je peux plaire à n’importe quel homme de la planète, et si ce n’est pas le cas, ça me fait beaucoup de peine. Si je ne plais pas à quelqu’un, je commence à me poser des questions, du genre « Je suis trop grosse c’est ça ? » ou « Pourquoi je ne suis pas assez bien pour lui ? ». En fait moi, si on m’avait dit ça, j’aurais probablement réagi comme les filles de la vidéo, là.

Et puis au bout d’un moment, j’ai commencé à comprendre. PERSONNE ne me peut plaire à tous les mecs de la planète. Regardez Jennifer Aniston. C’est moi en plus célèbre, plus mince et plus beau. Elle a vachement de mal à trouver quelqu’un à qui elle plait vraiment. Regardez Miranda, le mec de l’épisode en question, il ne s’intéressait pas vraiment à elle, et pourtant, franchement, ya de quoi s’intéresser. Et ça n’a rien à voir avec elle, ça a à voir avec les différents goûts des gens. Et s’il s’intéresse vraiment à vous, il vous aimera comme vous êtes, trop grosse ou trop mince, peu importe.

Mais je ne savais pas que de cet épisode de Sex & the City on avait fait un livre jusqu’à ce que je lise l’article de Lucie du blog Les filles pensent que, et aussi jusqu’à ce que je tombe sur tout un tas d’autres articles multiples qui parlaient de ce livre. Et moi je suis un mouton, bêêêêê. Alors j’ai couru vers la librairie la plus proche pour acheter ce livre. Non j’ai menti, je l’ai commandé sur Amazon. En même temps que mon bouquin de système d’information histoire de pas faire genre je commande que ça.

Et ce livre a chamboulé mon quotidien. Vous vous souvenez de Mickey les yeux bleus ? (cf. Le célibataire mâle : 5 signes qui ne trompent pas) Figurez-vous que je me suis embêtée pour ce mec. (alors qu’au final, je crois qu’il est plus petit qu’1m80, autant vous dire qu’il en valait pas trop la peine, alors j’ai vraiment honte) Je suis allée le chercher sur Facebook, ce qui n’était pas chose aisée étant donné que je n’avais pas son nom de famille. Heureusement, comme nous sommes à la même fac, on avait deux amis Facebook en commun, et je l’ai trouvé sans trop de mal. J’ai pas dit « facilement », j’ai dit « sans trop de mal » – en même temps il a un prénom assez courant, il se serait appelé Nabuchodonosor, j’aurais eu beaucoup moins de mal, voyez-vous. Et là que vois-je ? Après avoir dit qu’il avait une copine, son statut Facebook affiche célibataire. Qu’est-ce que c’est que cette histoire ? Finalement, je me dis, quand il parlait de sa copine, il ne parlait pas à moi, mais à son pote. Alors il aurait très bien pu dire « faut pas que je rentre trop tard, j’ai UNE copine qui m’attends ». Une et non pas ma, ce qui fait toute la différence. Je l’ajoute, je lui dis « coucou c’est la rousse du bar apprentissage », il m’accepte, on échange quelques messages qui s’évaporent dans le temps. Je fouine. Je regarde ses photos. Sur 25% de ses photos de profil, il est avec une nana, assez jolie d’ailleurs. Je me dis que ça doit être elle, sa copine. Je fouine encore. Je trouve le nom de la nana, je vais sur son profil. C’est pratique Facebook, les gens n’ont vraiment plus aucune intimité. Et là je découvre quoi ? Que Mickey les yeux bleus et la nana ne sont plus amis Facebook. Une seule explication à cela : ils sont sortis ensemble (d’où les 25% de photos de profil où sa tronche est affichée) et ils ont rompu, d’où l’absence de continuité du contact, et ça a dû être moche.

Ou sinon, il y a le Grand roux avec un sourcil noir. C’est un nouveau lui, j’en ai pas encore parlé sur ce blog (maintenant je préfère miser sur plusieurs mecs pour augmenter mes chances que un soit pas un connard, même si pour cela il me faudrait miser sur 200 mecs minimum). Je ne vais pas énumérer ses caractéristiques physiques parce qu’elles semblent assez claires – mais je vous rassure, il a DEUX sourcils, tous les deux noirs, mais si je disais un, ça faisait un plus joli parallèle avec le film (je vous laisse deviner lequel) et puis je fais ce que je veux, c’est mon blog, d’abord. Lui aussi est dans ma fac depuis cette année, nous nous sommes rencontrés en échange à Boston. Nous sommes devenus amis, mais jamais rien de plus. Je n’arrive même pas à savoir s’il est célibataire en fait. Il n’a pas Facebook (autrement dit, il n’est pas beaucoup plus évolué qu’un homme de Neandertal), et il n’a donc pas de statut que je pourrais fouiner. Et une fois, j’ai mis en place un plan machiavélique pour savoir s’il était libre ou pas. Je lui vantais les mérites de Facebook, en lui disant que « s’il rencontre une jolie nana il peut facilement savoir si elle est célibataire ou pas ». Lui me répond : « Ben pour ça suffit de demander ». Moi, toute ravie qu’il me tende la perche comme ça, je demande : « Toi, par exemple, t’es célibataire ? ». Mouhahahaha ! Je suis fière de moi comme un pou, tellement il est machiavélique ce plan, et tellement il est pris au piège, et tellement je suis géniale d’avoir demandé sans avoir l’air de rien.

C’était sans compter sur sa réponse : « Si j’avais Facebook, tu le saurais ».

Mon amie Bouddha s’est moquée quand je lui ai envoyé un texto – qui avait plus l’air d’un roman que d’un texto à vrai dire – où je me plaignais du comportement honteux du Grand roux avec un sourcil noir. En même temps, je lui en veux pas, je me serais moquée aussi à sa place. Se faire prendre à son propre piège, comme ça, et en plus, je pourrai même pas lui reposer la question avant au moins dans trois mois sans qu’il se doute de quelque chose, bla bla bla…

Et puis j’ai rencontré Dieu. Il ne m’était pas venu sous la forme d’un sandwich au fromage comme à Finn dans Glee. Il m’était venu sous la forme d’un colis Amazon, il s’appelait Greg Behrendt et il m’a dit : « Mais on s’en fout ! ». Après tout, qu’est-ce que ça peut faire que Mickey les yeux bleus ou le Grand roux avec un sourcil noir soient célibataires ou non ? De toute façon, ils ne m’ont toujours pas proposé de sortir avec eux. Verdict : ils ne s’intéressent pas à moi. Ou they’re just not that into me, pour les anglophones. Et à partir du moment où je sais ça, qu’est-ce que je m’en fiche de savoir pourquoi, si c’est parce qu’ils sont pris ou juste parce que je ne suis pas leur genre ?

Et là, je me dis, ouah, finalement, je la comprends Miranda. C’est libérateur de se dire ça. C’est libérateur de se dire qu’aller fouiner jusque dans le fin fond de Facebook, ça n’a finalement aucun intérêt, puisque si le mec s’intéressait à moi, je le saurais probablement déjà. Et du coup, ça me fait gagner du temps. Du temps que je pourrais passer à des choses beaucoup plus productives, comme je sais pas moi, travailler. Ou me gratter le nez. Ou bloguer. Ou faire le ménage. (enfin on en est pas là quand même, certes j’ai du temps libre, mais je ne suis pas non plus désespérée de trouver des activités à ce point)

Le plus intéressant quand même dans l’histoire, c’est que ce livre contient un chapitre sur K. Moi qui pensais que K. était un cas unique. Moi qui pensais que K. méritait qu’on lui dédie un bouquin. Moi qui pensais que dans le Larousse des synonymes de 2011, si on cherchait « connard », K. apparaîtrait comme un des synonymes possibles. Ben en fait non, il appartient à une catégorie de gens qui ont existé avant lui, c’est même pas une catégorie qu’il a inaugurée ! (bon c’est une catégorie de connards certes, mais ce que j’essaie de dire c’est qu’il est pas tout seul, quoi) Et ce chapitre du bouquin, c’est le chapitre 4 : He’s just not that into you if he’s not having sex with you.

Oui Messieurs-dames, je vais peut-être briser un mythe mais K. et moi n’avons jamais couché ensemble. Comme c’est généralement le cas avec les mecs avec qui je sors, si on ne couche pas ensemble, ce n’est pas de ma faute. Je l’allumais avec des textos coquins, et il répondait, mais lui ne prenait pas vraiment l’initiative. Et il n’est pas question que de galipettes. Quand on se voyait, c’est un peu moi qui faisais tout le travail affectif. Genre lui toucher le bras, l’embrasser, etc. Les seules fois où il m’a embrassée et/ou touchée de sa propre initiative, c’était quand il avait bu. Ce qui nous renvoie au chapitre 6 : He’s just not that into you if he’s only seeing you when he’s drunk.

Finalement, il y a deux chapitres sur K., comme quoi c’est quand même un gars spécialement con. En fait, si j’ai eu besoin de répéter « j’ai froid » 36 fois à un de nos rencards (les mecs du monde entier, votre attention s’il vous plaît ! en langage féminin, « j’ai froid » = « prends-moi dans tes bras s’il te plaît ») avant qu’il ne me prenne dans ses bras, ce n’est pas parce que c’était un débile profond (enfin c’est effectivement un débile profond, mais ce n’est pas là que ça s’est le plus révélé). C’était parce que he was just not that into me.

Comme par hasard, quand je le vois avec Clochette, mon amie avec laquelle il sort actuellement, ses bras se baladent partout sur elle. Parce qu’il s’intéresse vraiment à elle. Et comme je les vois à la fac en général et souvent à 11h du matin, je doute qu’il soit bourré. Parce qu’il s’intéresse vraiment à elle. Et elle je parie, il ne la plaquera pas en lui disant qu’il a besoin d’être célibataire, pour sortir avec une de ses meilleures amies deux semaines plus tard. Et elle je parie, il ne va pas lui dire que de toute façon, il lui avait fallu trois verres pour l’embrasser. Parce que he’s that into her.

Bon, après, est-ce que le fait que he was just not that into me l’autorisait à ne pas me respecter et à me traiter comme de la merde ? J’en doute. Mais au moins grâce à Greg je vois plus clair dans le comportement de K., et je me dis qu’au final, ce n’est pas un mec mentalement dérangé, qu’il y avait des signes, et que je les aurais vus (ou plutôt que j’aurais accepté de les voir) si j’avais eu le bouquin de Greg entre les mains plus tôt.

Mais alors, peut-être que ce blog n’existerait pas. Ou peut-être que si. Qui sait ?

PS : à toutes celles qui ont lu le bouquin, il faut trouver la nana qui signe ses lettres « Nikki » et la faire venir sur ce blog immédiatement, parce que là je crois il y a urgence.

PS2 : Mon blog est en train de perdre des places vitesse grand V au concours Cosmo, il faut faire quelque chose et vite! Ah oui et n’oubliez pas de voter au sondage du mois d’octobre, quand même!